Le pavé messager, mais en 2D…
Lors du mouvement de mai et juin 1968, dans un pays paralysé où l’information est filtrée, l’imagination veut prendre le pouvoir, et l’affiche devient un moyen de communication libre. Simples sérigraphies unicolores au graphisme épuré, au style percutant, où l’efficacité doit prévaloir : messages et revendications en quelques coups de crayons…
Le 15 mai 1968, au sein de l’Ecole des beaux-arts où l’on remet en cause l’académisme, l’art bourgeois, où l’on invite les prolétaires de Flins, des plasticiens déjà professionnels, aujourd’hui très reconnus et réunis dans le mouvement de la Jeune Peinture, créent l’« Atelier populaire », où s’affrontent les artistes du PCF et les maoistes.
Pendant plus d’un mois, des assemblées générales se réunissent quotidiennement pour discuter des thèmes et des slogans à mettre en avant. Les affiches sont réalisées le jour même, retirées gratuitement sur place la nuit, et apposées aux aurores, entre une manifestation et une émeute, pour éveiller les consciences!
« Ce précieux legs, dont chacun est dépositaire grâce à un anonymat soigneusement préservé, constitue un patrimoine esthétique et culturel majeur du XXe siècle » : la beauté convulsive de ces affiches nous semble loin et pourtant elles sont d’une terrible actualité, car elles ont conservé toute leur force. » A votre avis, pourquoi un certain Roi de la France rêve-t-il de « liquider l’héritage de 68 »… hein ?
Enfin, certaines d’entre elles ont échappé à la colle et au pinceau :
Quarante ans après, le Centre de l’affiche à Toulouse prête sa collection « créé dans l’urgence » au Musée Rignault de Saint-Cirq-Lapopie, in the Lot, qui propose au public de renouer avec l’esprit de Mai 68, trait pour trait, du 22 mars au 18 mai 2008.
Ouvert tous les jours sauf le mardi
de 9 h 30 à 12 heures et de 14 h 30 à 18 heures
Entrée gratuite
Contact : 05 65 53 40 00
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